Patrimoine mondial #15 : Le Pont du Gard

Dans le cadre d’une série spécialement consacrée aux sites français reconnus au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, la rédaction de Welcome Camping vous propose de découvrir une à une les destinations françaises exceptionnelles, préservées en tant que patrimoine de l’humanité. Nous continuons cette série avec un site reconnu en 1985, le Pont du Gard.

En Occitanie, entre Uzès et Remoulins le Pont du Gard enjambe fièrement la rivière du Gardon. Cet aqueduc édifié dans la première moitié du Ier siècle sous les règnes des empereurs Claude et Néron, est un chef-d’oeuvre de l’architecture antique. Il est un témoin privilégié de la romanisation de la Gaule. Entouré de platanes centenaires et de garrigue, l’édifice monumental et aérien est aujourd’hui dans un exceptionnel état de conservation. Ce “témoin du génie créateur humain” datant de 2000 ans, est le seul pont antique à trois niveaux encore debout à ce jour.

Une construction unique et monumentale

Avec ses trois niveaux superposés, le Pont du Gard affiche une allure tout à fait exceptionnelle. Tout d’abord, le premier niveau  se constitue de 6 arches. Elles portent les 11 arches du deuxième niveau, elles-mêmes surplombées des 35 arches de l’étage supérieur. Avec ses 49 mètres de hauteur et ses 273 mètres de long, cette structure grandiose pèse près de 50 000 tonnes. Un millier d’hommes ont travaillé pendant cinq longues années pour achever la construction de cet ouvrage monumental. Avec son dénivelé de 17 mètres entre la prise d’eau et le point d’arrivée, le débit de l’aqueduc était autrefois de 35 000 m3 par jour en moyenne. Une réelle prouesse technique qui témoigne du génie et de la technicité des ingénieurs romains sous l’Antiquité.

Un peu d’histoire

Le Pont du Gard était un aqueduc destiné à l’acheminement d’eau depuis la Fontaine d’Eure jusqu’à Nîmes. Durant cinq siècles, il a contribué à l’approvisionnement d’eau vers les fontaines et habitations des nobles de la ville. Après les invasions barbares, cette réalisation fût laissée à l’abandon. Le monument antique subit alors des dégradations. Quelques-unes de ses arches sont alors détruites. Il devient ensuite un point de passage pour les piétons souhaitant franchir le Gardon. Cette reconversion occasionnera encore plus de dommages. Dès le XVIe siècle, l’intérêt pour le Pont du Gard grandit, ce qui favorisera sa préservation au fil des siècles.

Charles IX, accompagné par la Cour, mais aussi par son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine, s’y rend dans le cadre de son tour de France royal. Au XVIIIe siècle, le pont de Pitot est construit au niveau des arches inférieures . Il offre alors un point de passage supplémentaire et limite les dégradations. À partir du XIXe siècle, différentes phases de restauration sont menées, jusqu’au classement au patrimoine mondial. Dans les années 2000, l’architecte Jean-Paul Viguier mène un vaste projet d’aménagement du site. Il oeuvre ainsi à sa préservation et à la pérennisation de l’intégrité du monument.

Le Pont du Gard aujourd’hui

En 2000, le site du Pont du Gard est réaménagé. Au pied du pont, un espace de baignade devient un lieu de rendez-vous incontournable pour les amoureux des plages de galets. Les partenaires installent des espaces muséographiques et des centres de ressources. Ce joyau du patrimoine mondial attire désormais chaque année des millions de touristes venant des quatre coins du monde. Le Pont du Gard est également devenu lieu de concerts et de grands événements . Les Fééries du Pont de Gard sont toujours l’occasion d’admirer un spectacle son et lumière à couper le souffle.

La rédaction