10 personnalités de l’outdoor créent l’asso “Une bouteille à la mer”

Nous avons tous en mémoire les impressionnants clichés de Dom Daher, capturés dans un centre de tri à Fréjus en janvier dernier à l’occasion de la campagne choc “Une bouteille à la mer”. Le magazine Outside a récemment annoncé les suites de cette campagne de sensibilisation. Le 17 juillet dernier, les athlètes ayant participé au shooting ont en effet décidé de poursuivre leur engagement pour la préservation de la nature en créant l’association Une bouteille à la mer.

Fin 2019, neuf personnalités de l’outdoor ont répondu à l’appel du freeskieur Mathieu Navillod, pour participer à une séance photos surprenante. Leur objectif commun ? Sensibiliser le plus grand nombre aux conséquences de la pollution. La campagne Une bouteille à la mer naît alors. Le traileur Kilian Jornet, la grimpeuse Liv Sansoz, le freeskieur Mathieu Navillod, l’apnéiste Stéphane Tourreau, la cycliste Laurie Renoton, le parapentiste Romain Raisson, le skieur Jean-Fred Chapuis, l’alpiniste Zébulon, le waterman Rico Leroy, la traileuse Emelie Forsberg se sont donnés rendez-vous au pôle de recyclage du Groupe Sclavo Environnement à Fréjus. Ils se sont ensuite prêtés à un shooting hors du commun, sous l’objectif de Dom Daher.

“La nature est leur terrain de jeu, leur passion, mais aussi leur cadre de travail quotidien, puisque ces disciplines, ils les pratiquent tous à haut-niveau. Le problème est sous leurs yeux, en permanence. Ils en sont les témoins clé. Chaque jour un peu plus, ils voient leur environnement se dégrader. Conscients que dans une société de consommation comme la nôtre, personne n’est blanc comme neige et qu’eux aussi ont un impact, ils ne peuvent malgré tout se résoudre à regarder la planète bleue devenir chaque seconde un peu plus grise.”

Le succès a été immédiat

Impossible d’oublier les images de Kilian Jornet courant sur une montagne de pneus, de Stéphane Tourreau regagnant la surface couverte de déchets plastique, ou de Mathieu Navillod descendant à ski les pentes d’une montagne de déchets. Un shooting volontairement trash dans l’espoir d’une prise de conscience massive et surtout d’un passage à l’action.

“Avec cette campagne qui tente de donner des solutions sans culpabiliser les gens, on veut leur donner les clés pour sauver notre maison.”

 
 
 
 
 
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Un constat alarmant

Interrogés par le média neuf-dixième, les sportifs ont partagé leurs démarches et leurs réflexions. L’apnéiste Stéphane Tourreau est témoin au quotidien de la dégradation des océans, de l’accumulation de déchets dans la mer et “des vagues de plastiques”. Pour le waterman Rico Leroy, le constat est le même. Dans le vidéo making-off du shooting, il partage ses craintes.

“340 jours de l’année, je suis dans l’eau. Je vois changer l’endroit où j’évolue. Si on ne fait rien, c’est dans ce milieu qu’on va surfer, courir, rouler dans les années futures.”

 
 
 
 
 
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Mener des actions simples

Jean-Fred Chapuis constate que “les gens continuent de jeter leurs mégots du haut des télésièges l’hiver”. L’été, il remplit un sac poubelle en se promenant sur les pistes. Pour lui, “les comportements ne peuvent pas changer du jour au lendemain, il y aura de l’inertie”, mais il a envie d’y croire et de s’engager. Romain Raisson est quant-à-lui convaincu par l’importance du tri et de la revalorisation des déchets. “On ne peut pas mettre indéfiniment la poussière sous le tapis par fainéantise”, affirme t-il. Quant à Emelie Forsberg qui prône une vie simple au plus proche de la nature, elle ne peut que faire sien ce combat pour la préservation de la nature.

“Je pense que toutes les bonnes idées, les moindres petits gestes autour de l’écologie, de la durabilité valent d’être partagés. Quand on prend conscience des choses, on fait plus attention. La prise de conscience est donc un pas énorme. On peut tous faire mieux, il faut l’envisager de façon positive et non pas comme une corvée.”

 
 
 
 
 
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Aller plus loin

Conscients que les sports outdoor sont particulièrement polluants et énergivores, les athlètes souhaitent agir pour que leur pratique s’inscrive dans une démarche réfléchie,  dans le plus grand respect possible de nos ressources. Selon Liv Sansoz, le problème est systémique, “mais ne rien faire, c’est être complice”. Kilian Jornet revient sur la frénésie qui s’est emparée de l’outdoor il y a quelques années, et sur la nécessité de se remettre en question afin de réinventer la pratique de ces sports.

“Il y a quelques années, on prenait des hélicos pour les tournages, on parcourait la planète dans tous les sens en avion. Une vraie hérésie, avec le recul. Mais on peut se racheter et c’est le moment de le faire. La question est : comment réduire cette empreinte ? Pour ma part, en réduisant mes allées et venues, en prenant le train quand c’est possible, en mangeant des légumes de mon jardin, en ayant l’habitation la plus écologique possible.”

Le 17 juillet 2020, une quinzaine de personnes dont les athlètes présents à Fréjus ont fondé l’association Une bouteille à la mer, afin de trouver des solutions concrètes pour que les professionnels et les pratiquants de sports outdoor développent une approche plus respectueuse de leur environnement.

La rédaction